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Texte libre








Mercredi 31 décembre 2008

?


J'ai égaré mon meilleur pote.


          Comme au supermarché. Je comprends pas ce qui s'est passé, il était là juste à côté, depuis 15 ans, je me posais pas de question, il était là, quoi, juste là, et puis d'un coup il a disparu.

          Plus de meilleur pote.

          Je sais pas ce que j'ai fait.

          Depuis je chante le Minuit Chrétien toute seule, mais c'est beaucoup moins drôle, et surtout c'est beaucoup plus faux.

          Je comprends pas.

          Y a plus personne qui rigole à mes blagues, il faut bien dire qu'elles sont nulles, mais les siennes aussi, on se faisait rire l'un l'autre, et puis il est parti.

          Je sais pas pourquoi.

          J'ai passé des annonces, comme au supermarché, mais il est pas revenu. J'attends à l'accueil du magasin, mais y a personne qui vient.


Le supermarché va fermer.


Je crois que je vais rentrer chez moi.  


Par leyazo - Publié dans : leya
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Mardi 2 décembre 2008

Les collégiens ne laissent malheureusement pas grand-chose à l’imagination.  Le collégien de base parle trop fort (« Mais madame comment vous avez fait pour m’entendre ?! » « J’ai un appareil auditif, c’est de mon âge »), en plus il ne comprend même pas les blagues, même les mauvaises (« C’est vrai ?!! ») parce qu’il n’a pas le vocabulaire (« c’est quoi un appareil ognitif ? ») Le collégien de base a le calbute qui dépasse, ou le string, c’est selon, parfois même un bout de raie quand il s’est levé en retard. On sait tout de suite ce qu’il a mangé le matin, et si la petite sœur a fait sa nuit, et s’il a oublié de faire ses devoirs, et s’il a été puni de playstation hier soir : ça sort tout seul. Quand le collégien a un truc à dire, il parle d’abord, et il lève la main ensuite, quand il y pense. Le collégien de base m’épuise, et comme j’en ai dans les 23 par classe, je suis 23 fois plus épuisée.

Avec les collégiens, je n’ai pas besoin de me demander qui sort avec qui (ou qui se meurt pour Diego, elles en sont toutes là les pauvres…), je récupère toujours un bout de papier avec des cœurs dessus et une inscription au marqueur fluo du type « Esque tu ve sortire avec moi oui /non  (entourres le bon)». Aucun suspense ! Aucune poésie ! De toute façon, elles sont toutes amoureuses de Diego…

Tout ça pour dire que je m’emmerde ferme au collège. Le côté positif, c’est que ça laisse plein de temps libre, parce qu’un contrôle sur be au présent simple, mine de rien, ça prend vachement moins de temps à corriger que des rédacs sur la guerre au Vietnam (mais qu’est ce qui m’avait pris, aussi ?!) Sauf que du coup pendant le temps libre, je me mets à penser à mes anciens élèves.

 

Et je me demande…

 

Je me demande si Agathe suce toujours son pouce quand on regarde un film en classe, et si elle avait peur de donner la bonne réponse ou juste pas envie.

Je me demande si Valentin a enfin grandi dans sa tête pour rattraper son mètre 98, et s’il se souvient encore de la tête que je faisais quand je l’ai récupéré la dernière nuit à 3 heures du mat dans la chambre d’une judokate.

Je me demande si mes internes savent que j’ai pleuré le dernier soir.

Je me demande si Romain a redit « Deuzeuwre ey demi » en cours d’Anglais quand on lui a demandé l’heure.

Je me demande s’ils vont tous réussir leur bac, s’ils vont tous faire de brillantes études, si parfois ils écoutent les Doors.

Je me demande lequel de ces petits c… du dernier rang s’amusait à lancer des cartouches au plafond pendant que j’avais le dos tourné.

Je me demande si Théophile avait vraiment fauché un schokobon dans mon sac.

Je me demande si Hadrien a effectivement dragué toutes les filles de la classe pendant l’année ou s’il a fait l’impasse sur une ou deux, et comment il a fait pour me sortir qu’ « en fait, Dorian Gray, c’est un peu la figure de l’ange déchu » alors qu’il n’avait rien suivi au cours.

Je me demande si je pourrai encore avoir 15 ans comme le soir où j’ai hurlé de rire assise dans le couloir en écoutant un basketteur chanter à tue tête « Mon baobab de Bamako » sous la douche. D’ailleurs je me demande s'il sait qu’après l’avoir vu sortir de la douche, je l’ai surnommé « le haricot vert de Bamako » pendant toute l’année.

Je ne sais toujours pas qui a eu l’audace de flatuler pendant le 1 er contrôle en Première l’an dernier, et je remercie le ciel d’avoir eu l’idée de me mettre au dernier rang, sinon ils m’auraient vu piquer un fou rire et ma crédibilité serait passée à l’as.

 

Du coup, plutôt que de me demander, j’ai fait un truc pas du tout mature et je les ai « ajoutés sur facebook ».

 

Même que je me demande si ma crédibilité va pas encore en prendre un coup…

 

 

 

Par leyazo - Publié dans : leya
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Samedi 4 octobre 2008

            ... il y a mes élèves. Mes collégiens. Ceux qui m'ont refilé en l'espace de 10 jours un rhume et une angine. Ceux qui me font choper des quintes de toux à force de leur gueuler dessus. Ceux à qui j'ai mis 17 heures de colles en une semaine. Ceux que j'ai séparés parce qu'à force de se balancer des « tu suces ! », « non, toi tu suces! » (le collégien est assez limité, vocabulairement parlant), ils allaient bien finir par se rentrer dedans (sans mauvais jeu de... Si, si,  j'avoue, avec mauvais jeu de mots). Ceux que j'ai envie de jeter par la fenêtre. Ceux que j'ai fait pleurer. Celui que j'ai fait baver. Littéralement, je veux dire, il a fait une crise de nerfs à cause d'une colle. Il bavait. Après il s'est jeté par terre dans la cantine en hurlant, à ce qu'il parait. C'est bien, ça assoit ma réputation.

           Ce qu'il n'y a pas, entre le plafond et le plancher, c'est Bégaudeau.

           Il y a mes élèves, ceux des autres, et les pions, et les profs. L'administration, j'en ai vaguement entendu parler, je les verrai peut être pour de vrai au conseil de classe. J'ai un doute sur l'existence de la principale.

          Ceux sur lesquels je n'ai pas de doutes, ce sont les Segpa. En posant mon sac dans la salle des 5è6, je suis entrée dans un monde incroyable, plein de mystères insondables, d'émerveillements incrédules, et de découvertes inouïes. Les collègues aussi. Les Segpas, dans la vie, ça rapproche.

Exemple, en 3ème segpa :

           Mystère insondable : une collègue, en sortant de cours, m'informe qu'une de ses élèves sentait fortement l'urine féline et que ça lui a soulevé le cœur pendant tout le cours. On met ça sur le compte de ses nausées de grossesse. Et puis on a d'autres chats à fouett... non, finalement je ne vais pas la faire, celle là, trop facile.

           Emerveillement incrédule : en salle des profs, une autre collègue confirme que la gamine sentait bien la pisse de chat. La collègue n°1, se sentant moins seule, quoique toujours aussi enceinte, décide d'entamer une enquête.

           Découverte inouïe : post enquête, il s'avère que la petite ne sentait pas le pipi de chat. Mais le sien. Elle s'était pissé dessus et ne l'avait dit à personne de toute la journée.

           M. Darcos ? Vous pourriez nous envoyer un prof de maternelle, s'il vous plait, qu'il lui change sa couche ? Puisqu'ils ne sont bons qu'à ça...

 

           Dans le genre mystère insondable, en 5è6, il y a Julian. J'ai appris environ une semaine après la rentrée que Julian ne peut ni lire, ni écrire. On ne sait pas pourquoi, s'il n'a jamais appris ou s'il en est incapable. Quand je demande ce que je vais pouvoir lui faire faire en Anglais, on me répond « mais tu sais il a une bonne mémoire, quand je lui demande ce qu'il a fait au cours précédent, souvent il s'en souvient ! » Ouais. Et sinon, concrètement ? « Il faut lui faire faire des choses simples, relier des dessins, ce genre de trucs! ». Ouais. Et à part ça, je pourrais savoir pourquoi on impose à ce pauvre gamin trois heures hebdomadaires d'Anglais avec une prof débutante qui a suivi en tout et pour tout 2 heures de formation pour enseigner en Segpa ? « Parce qu'il est en Segpa ». OUAIS. Je crois qu'on tourne en rond.

           L'émerveillement incrédule, c'est celui que je ressens devant la profondeur de leur ignorance. Surtout en ce qui concerne les gros mots. Il y a une semaine, il a fallu que j'explique « putain ». « Ben madame pourquoi vous râlez, c'est comme zut ! » Ah non. Non non, les enfants. C'est pas comme zut. Déjà, personnellement, je n'ai jamais vu un zut faire le tapin au Bois, mais on se sait jamais. Lectrices, lecteurs, j'attends vos témoignages.

           Et la découverte inouïe, c'est que j'ai sacrément vieilli.

 

           5è6, aujourd'hui, 13h45 :

                      Rebecca à Nicolas « Ah mais tu fais iech ! »

                      Moi : « Tu viens de dire quoi là Rebecca ? »

                      Rebecca, tout sourire : « Ben j'ai dit il fait iech madame, c'est pas un gros mot ! »

                      Moi, m'apprêtant à sortir mon petit laïus sur le verbe chier, qui veut dire faire caca, est ce que tu as fait caca sur ta chaise ? Non ? Alors pourquoi tu dis qu'il fait chier ?: « Et qu'est ce que ça veut dire, iech, Rebecca ? »

                      Rebecca : « Ben c'est comme il m'énerve ».

                      Moi, pleine d'espoir : « Mais c'est le verlan de quoi, iech ? »

                      Rebecca : « ... c'est quoi le verlan madame ? »

           Elle n'avait jamais fait le rapport entre « tu fais iech » et le verbe chier. Ni elle, ni ses petits camarades. Aucun.  

 

           Mitterrand le chébran est mort, Jack Lang ressemble foutrement aux relous de l'UMP, et je me réveille avec des rides au front.

 

           Pas lol du tout.


Par leyazo - Publié dans : leya
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Vendredi 26 septembre 2008
Julian: "Madame, j'ai froid."

Moi: "Ferme la fenêtre alors."

Julian: "Non c'était juste façon de parler!"

... alors soit il est vraiment très très con, soit c'était très très profond et j'ai rien compris à ce qui vient de se passer...

 Moi: "Tais toi."

Il doit être très très con.
Par leyazo
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Jeudi 18 septembre 2008

J'avais 15 ans, et j’étais le cauchemar des ados populaires. Des fois que je déteigne. Les filles gloussaient, le garçon me regardaient de haut alors que je leur mettais 15 cm dans la vue, faut croire qu’ils y mettaient de la mauvaise volonté. En bref, j’étais une geek. En même temps, avec une mère prof de maths et un père geek de profession, qu’est ce que vous vouliez que j’y fasse ?!

Evidemment, à 15 ans, ça n’a pas loupé, clichés obligent, je suis tombée amoureuse du Crétin Populaire local, estampillé Viande Fraiche, avec les fringues révolutionnaires que tout le monde enviait (baggy, calbute à l’air et bonnet façon gland enfoncé jusqu’aux cernes). Vous imaginez un peu l’apollon, avec ses 40 kilos tout mouillé, son absence de menton et le nez qui lui tombait dans la bouche. Une bombe, je vous dis.

On aurait été dans un film américain, il aurait eu des roulettes, et ça aurait fait un bel autobus. Euh ? Non. Je reprends. On aurait été dans un film américain, il… oui, maman, d’accord, il aurait été beau. Et moins niais. Et il aurait pas eu le froc qui lui tombait sur les genoux. C’est bon, je peux continuer ?  En gros, on aurait été dans un film américain, ç’aurait été un des Backstreet Boys (c’est d’époque), j’aurais été une bombe à lunettes (merci d’insérer un commentaire flatteur ici), la fille populaire aurait été trop naze, d’abord, et puis on aurait vécu heureux et eu beaucoup d’enfants (qui auraient hérité de mon nez, dieu merci), tout ça après la soirée costumée pendant la quelle il aurait réalisé que j’étais la femme de sa vie parce que j’aurais porté autre chose qu’une salopette XXL, un t-shirt Beatles, des Nike 43 fillette et des lunettes estampillées John Lennon. (Toute ressemblance, etc)

La vie n’étant pas un film américain pendant la grève des scénaristes, Crétin Populaire a vécu une merveilleuse histoire d’amour avec Crétine Populaire (au moins 3 semaines, ça a duré), et je me suis beaucoup morfondue.

Seigneur, j’aurais eu l’air fine avec ce grand con, tiens !

 

Tout ça pour dire que le lycée, c’est vraiment fini, et c’est vraiment tant mieux.

J’ai retrouvé Crétin Populaire sur Copains D’avant. Son message d’accueil, c’était :

 

Je cherche Crétine Populaire.

 

Pour citer une (géniale) philosophe méconnue *toussotement* moi *toussotement* :

Y a pas, vieillir, ça a du bon. Sauf pour les  Crétins Populaires.

Par leyazo - Publié dans : leya
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Jeudi 1 mai 2008

Je parle beaucoup de la classe relais alors qu’après tout, je n’y ai passé qu’un an, et encore, à mi temps. J’en parle beaucoup parce que j’y ai beaucoup appris. Déjà, j’y ai appris à boire, à fumer, et à regretter pas mal de choses le « lendemain matin », regrets qui m’ont par la suite amenée à décider de ne plus jamais boire ou fumer. D’ailleurs, drôle de coïncidence, depuis, il n’y a plus eu de « lendemains matins ». Enfin, si, il y a eu des lendemains matins, je vous rassure, sans quoi je ne serais pas là pour écrire les âneries dont je me rends coupable à intervalles irréguliers, mais il n’y a plus eu de « lendemains matins », avec les guillemets, la gueule de bois, le rimmel qui fout le camp, Albator qui ronfle sur l’oreiller d’à côté et la question sournoise qui vient taper en plein dans le mal de crâne pré bol de café : « Qu’est ce que je vais bien pouvoir lui dire quand il va se réveiller, bordel ?! ».

Erm. Je m’égare. Donc, disais-je, j’ai beaucoup appris à la classe relais, en particulier en ce qui concerne les adolescents. NON, pas sur mon oreiller, en classe, bande de têtes d’enclumes !! Il faut dire qu’on a eu pas mal de cas particuliers – en même temps, le cas particulier, c’est quand même le client de base de la classe relais. On met une dizaines de cas particuliers tous ensemble, on laisse macérer en essayant d’éviter les coups de poings et les dictionnaires qui volent, et tout ce qu’on peut espérer, c’est que Dylan évite de refiler à Bryan sa recette maison du cocktail molotov. Pour le reste… On n’y pouvait finalement pas grand-chose, au reste.

Un des cas particulier qui m’a fait la plus grosse impression, comme vous l’aurez deviné parce que vous avez lu le titre et que vous avez pour plus de deux sous de jugeotte (et pourtant vous êtes sur mon blog, allez comprendre…), ce fut Hugo.

A 14 ans, Hugo était une force de la nature, une espèce de montagne mal dégrossie, Hulk en culottes courtes, bref, un genre de monstre à la Ted Browning. Evidemment, il était gentil comme tout, sinon ça ne collerait avec les stéréotypes, les idées préconçues et la morale de l’histoire, et tout le monde sait que la morale de l’histoire a davantage de force de persuasion que n’importe quel processus narratif plus intéressant.

Pour tester le niveau des chiards qui arrivaient, on leur faisait faire des petits exercices pas trop durs. Quand on a vu Hugo, on s’est dit qu’on allait faire dans le vraiment, vraiment pas trop dur. On lui a filé une feuille avec des droites, demi droites et segments tracés, et il devait repasser par-dessus en utilisant des couleurs différentes. J’ai essayé pendant un bon moment de lui faire utiliser une règle, mais le papier, les crayons ET la règle (sans parler de la table), ça faisait beaucoup trop de paramètres pour Hugo. Péniblement, au bout d’une bonne demi heure, on en est arrivés à un enchevêtrement infernal de lignes jamais droites, de pâtés, de traits épais qui se chevauchaient, de postillons… On en est arrivés à un vrai bordel, en somme.  

 

Bon.

 

Bon, bon, bon. On garde son calme, on reste zen, on demande à Hugo : « Alors, Hugo. Bon. Est-ce que tu penses vraiment que tu peux rendre ça à ton prof de maths ? »

 Hugo, au taquet : « Ben, oui. »

 Ah. On reformule. « Hugo, est ce que tu penses vraiment que tu peux rendre ça à ton prof de Maths SANS TE FAIRE ENGUEULER ? »

 Hugo, pensif : « Euh… » Nous regarde avec ses yeux de chien battu. Les rouages font leur boulot de rouage derrière le regard vasouilleur d’Hugo : ils couinent. Hugo soupçonne qu’on veut lui faire dire quelque chose. « … euh… non ? »

 « Bon. Alors. Hugo. Qu’est ce que tu pourrais bien faire pour rendre ta copie présentable ? »

 « Comment ça présentable ?! »

 Je passe la main, le regard d’Hugo me rappelant par trop la dernière endive au jambon que j’ai refusé de manger parce que c’était une endive au jambon.

 « Comment tu peux faire pour ne PAS TE FAIRE ENGUEULER quand tu vas rendre ta feuille au prof de Maths ».

 Ah. Couinement des rouages. Un soupçon de transpiration sur le front bas du gamin. Regard plein d’espoir vers Achim, à qui on fait vite, vite signe de se taire.

 Dans un dernier cri de révolte, les rouages s’arrêtent net. L’endive au jambon s’éclaire. Hugo reprend sa feuille, tire la langue, attrape un crayon, et tout fier de lui, il nous tend son chef d’œuvre :

 « Voilà ! »

 De sa belle, grosse écriture pataude, Hugo avait écrit, en haut de la feuille, à droite :

 

« Excusé moi Madame pour les faute.

Bisou. »

 

Endive au jambon, 1. Pseudo éducateurs, 0.

 

 

Par leyazo - Publié dans : leya
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Samedi 23 février 2008

Je viens de me faire agresser. Par Guy Môquet.

 

Reprenons les faits dans l’ordre. Je m’baladais sur l’avenue, avec 2 lettres à poster. Du coup, j’ai acheté des timbres. Logique. Jusqu’ici, tout va bien. J’arrive à la boîte aux lettre, je pose mon sac, les poivrons se font la malle, je cours après les poivrons, je sors mes timbres, je timbre, et là, pouf, sans prévenir : « Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ! ». Merde alors, v’là t’y pas que mes timbres se mettent à causer. Déjà, je trouve qu’ils y vont un peu fort, les timbres, c’est pas parce que je les mets sur une enveloppe qu’il doivent se considérer comme mourrant, non plus. Certes, l’agonie timbresque est un sujet dont on ne se préoccupe pas assez de nos jours, mais… Aurais-je mal lu ? 27, ça fait pas un peu beaucoup pour un malheureux carnet de timbres ? Relisons. « Vous tous qui restez, gna gna gna », Guy Môquet.

Ca lui suffisait pas de venir me casser les roustons à l’école, à celui-ci, maintenant il faut aussi qu’il vienne me pourrir le timbre. Déjà, je voudrais pas dire, mais il se mouche pas du coude, le Guyton. « soyez dignes de nous », qu’il dit. Non seulement il nous cause par carnet de timbres interposés, mais en plus il faut qu’on soit dignes. Alors, mon petit Guy, je te signale quand même que quand on a VRAIMENT la classe, on se met du bon côté du timbre, pas derrière. C’est un coup à se faire cracher dessus, mine de rien. Deuzio, ton grand exploit, ça a été de te faire zigouiller pendant la guerre. Mouais. Caner pendant une guerre, c’est à la portée du premier imbécile venu, et si toute la chair à canon se mettait à nous haranguer dans les bureaux de Poste, on n’aurait pas fini de rigoler. Non mais.

C’est vrai, ça, mince à la fin. Déjà que Nicolas m’a écrit en début d’année… Paraîtrait que je suis éducatrice, maintenant. C’était marqué sur la lettre. Que je n’ai pas lue, du reste. Voyez, on m’a appris que quand un type que je connais même pas m’envoie une lettre qu’il a fait suivre à tout son carnet d’adresse, ça s’appelle du spam, et même qu’il faut le mettre dans la corbeille parce qu’il peut y avoir des virus. J’invente rien, c’est mon père qui me l’a dit. Evidemment, ça entrait en conflit avec ma Première Compétence d’Enseignant : Agir en Fonctionnaire de l’Etat de Façon Ethique et Responsable. Oui, les majuscules, c’est fait exprès. Mais bon, entre ce que me dit un type que je ne connais même pas à part qu’il aime les rolex et qu’il se tape une ex mannequine, et ce que me dit mon papa, le choix est vite fait.

Quand même, pour me rattraper, je vais faire plaisir à Nicolas. Pour être en phase avec mon Président, j’ai décidé de jumeler une de mes classes avec la fosse commune d’un village Rwandais. Je lui enverrai les photos, il pourra les accrocher dans la chambre de Louis ! Sympa, non ?

Par leyazo - Publié dans : leya
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Samedi 16 février 2008

Mercredi 13 février, train 60011, Nantes-Bourges

 

3 policiers montent dans mon wagon.

 

Lever de rideau…

 

-Rires gras

-Des clits…

-Rires gras

-Heureusement que vous me l’avez dit, les gars, j’s’rais allé au restaurant…

-T’en aurais commandé !

-Rires gras

-Ben, dit comme ça, ça paraissait sérieux !

-Des clitoris…

-Ouais, aux oignons !

-Rires gras

 

… la France va mal…

Par leyazo
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Mercredi 13 février 2008

« Aujourd’hui se décide mon sort, vous savez comment. Aujourd’hui je serai forcé d’engager ma parole sans retour. Je n’ai aucun droit à votre sollicitude, je n’ose nourrir aucun espoir ; pourtant, un jour vous avez prononcé un mot, un seul mot, et ce mot illumina la nuit noire de ma vie et devint pour moi un phare. Dites-moi encore un mot comme celui-là et vous me sauverez de ma perte ! Dites-moi seulement « romps tout » et je le ferai aujourd’hui même. Oh, que vous en coûterait-il de me dire cela ? En vous demandant ce mot, je ne cherche qu’une marque de sollicitude et de compassion à mon égard, et rien d’autre, rien,  rien. Je n’ose me permettre aucun espoir car j’en suis  indigne. Mais après un seul mot de vous, j’accepterai de nouveau ma pauvreté, et je supporterai avec joie ma situation désespérée. Je reprendrai la lutte, je serai heureux de lutter, je ressusciterai en elle, plein de nouvelles forces.

« Envoyez-moi seulement ce mot de compassion (rien que de compassion, je vous le jure). Ne vous fâchez pas de la témérité d’un désespéré, d’un homme qui se noie et ose un dernier effort pour échapper à sa perte ».


Gabriel Ardalionovitch Ivolguine, 
L'Idiot
Fiodor Dostoïevski

  

 

« Si tu reviens, j’annule tout. »


Nicolas Sarkozy, 
L'idiot,
Nicolas Sarkozy

 

                                           
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Dimanche 6 janvier 2008
Je n'comprendrai jamais
Dussé-je vivre mille ans
Comment Michèle Vian
A pu se taper ça...
Par Laëtitia - Publié dans : leyazo
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